Bujumbura : Le manque du courant et la pénurie du carburant handicapent le fonctionnement à l’hôpital Van Norman

Il est 18 heures 30 minutes samedi 20 mai 2017, l’hôpital Van Norman situé au quartier 8 de la zone de Ngagara en mairie de Bujumbura est plongé dans le noir. Les malades qui viennent se faire soigner à cet hôpital sont obligés de rebrousser chemin. Les médecins enlèvent leurs tabliers. Les consultations et les autres activités sont arrêtées. L’hôpital faisait recours aux groupes électrogènes en cas de ruptures du courant électrique (très répétées ces derniers temps) mais avec la pénurie du carburant, les moteurs sont régulièrement secs.
A 19 heures, une mère arrive à cet hôpital à bord d’un tricycle communément appelé tukutuku avec un enfant d’environ deux ans. Il pleurait.. Une infirmière demande à la mère d’être compréhensive et d’aller vers un autre hôpital. « Comme tu vois, nous ne pouvons pas consulter votre enfant dans l’obscurité, va à l’hôpital roi Khaled, là bas ils ont des panneaux solaires », Conseille l’infirmière
La mère hésite, les larmes aux yeux, elle insiste : « s’il vous plait, touche au moins ma fille, elle a une grande fièvre. Je comprends mais donne à ma fille un médicament qui peut faire baisser la fièvre, aides -moi s’il vous plait ». Quand l’infirmière toucha sur le front de l’enfant, elle fut saisie d’une grande frayeur, sans même utiliser le thermomètre, elle fait recours à son téléphone portable pour s’éclairer et alla chercher le médicament. Après l’injection, la mère a poussé un ouf de soulagement et s’est rendue à l’hôpital Roi Khaled pour des consultations et examens.
Un des médecins de l’hôpital est allé demander aux sentinelles de ne pas laisser entrer les patients et de leur expliquer que le travail est arrêté à cause du manque d’électricité. « Quand vous verrez l’électricité laissez-les entrer », a-t-il ordonné. Dans cette situation, mieux vaux rester avec ceux qui sont hospitalisés seulement, fait-il noter.
« Le recours au groupe électrogène nous aidait à faire face au manque du courant mais la pénurie du carburant fait que nos groupes ne sont pas alimentés en fonction de nos besoins », nous explique un médecin de l’hôpital. Il demande des facilités d’accéder au carburant pour les services sanitaires.
L’hôpital Van Norman de l’université Espoir d’Afrique accueille entre 300 et 600 patients par jour ; d’après ses responsables. Il renferme beaucoup de services dont la pédiatrie, la maternité, la médecine interne, la médecine générale, un laboratoire et une pharmacie qui travaille 24 heures sur 24. L’hôpital est privé mais il collabore avec le gouvernement et offre des soins gratuits aux mères enceintes et aux enfants de moins de cinq ans comme les hôpitaux publics.


Publié le 22 / 05 / 2017 par

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