Bujumbura : Une année après le début des manifestations ; encore la peur

A Bujumbura, la peur est encore visible, 12 mois après les contestations contre le troisième mandat de Nkurunziza. A Mutakura et Cibitoke dans la commune urbaine de Ntahangwa, des maisons sont presque vides.Toutes les avenues sont gardées par des policiers et des militaires. Mutakura, un quartier populaire qui comptait beaucoup de jeunes, actuellement il héberge essentiellement des personnes âgées. «Nos fils ont été tués, d’autres portés disparus tandis que d’autres sont emprisonnés dans des cachots où les visites sont interdites. Ceux qui ont eu de la chance sont fui», nous ont raconté des personne rencontrées. Les habitants de ces quartiers se précipitent pour rentrer avant 18 heures, craignant toujours pour leur sécurité. Certains propriétaires des maisons rencontrés disent qu’ils sont obligés de rester de peur que leurs maisons soient détruites ou occupées par des positions militaires : « nous vivons dans une peur, l’insécurité persiste encore. Hier après l’assassinat du général Kararuza , beaucoup de policiers ont fait irruption dans nos maisons, mon voisin qui est un ancien militaire a été arrêté ce lundi».
Des locataires ont déménagé vers les quartiers plus ou moins paisibles. Des propriétaires des maisons qui vivaient grâce aux frais de locations disent qu’ils croupissent dans la misère. Sur la route reliant le quartier Mutakura et la province de Bubanza, les activités commerciales sont : des boutiques, salons de coiffure et des restaurants ont fermé leurs portes suite à cette crise. Le petit marché de Mutakura est presque vide. Des commerçants ont fui, d’autres préfèrent exercer le commerce au centre ville. Des centres de santé ont fermé. Certaines écoles privées ne fonctionnent plus. Des élèves, qui venaient de Kinama et Kamenge et Carama ont abandonnés ces écoles.
La situation est presque la même dans les autres quartiers contestataires du troisième mandat comme Nyakabiga, Jabe, Ngagara et Musaga en mairie de Bujumbura. Les ménages de tous ces quartiers doivent disposer d’un cahier de sécurité où tous les habitants sont inscrits. Les visiteurs doivent être signalés à l’administration locale.


Publié le 26 / 04 / 2016 par

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