Bujumbura : des jeunes relâchés se réintègrent difficilement

Emmanuel, un jeune de 25 ans, nous l’avons rencontré mardi 14 mars 2017 dans l’avant midi au quartier Jabe. Il avait été arrêté le premier jour des manifestations contre le 3ème mandat du président Pierre Nkurunziza mais il a eu la chance d’être relâché après la grâce présidentielle. Il se réjouit de sa libération mais psychologique il ne se sent pas encore libre. « Je me sens encore comme un prisonnier, je ne peux pas sortir de la maison, dans le quartier tout le monde me regarde comme si je suis un étranger », dit désespérément Emmanuel qui n’a pas peur d’être cité nommément. « Des fois, poursuit-il, j’appelle mes amis ou les membres de ma famille pour leur annoncer que je veux leur rendre visite mais leur réponse est non, nous ne voulons pas de problème».

Dans la capitale Bujumbura, des jeunes relâchés le 11 janvier 2017 disent qu’ils éprouvent beaucoup de difficultés pour pouvoir se réintégrer. Ils indiquent que l’entourage ne les accepte pas, certains sont même discriminés par des membres de leurs familles.

D’autres jeunes rencontrés à Musaga indiquent que leur sécurité n’est pas assurée. Ils racontent qu’ils sont, des fois, « malmenés » par la police car ils n’ont pas encore des cartes d’identité. «Toutes nos cartes d’identité ont été confisquées par les autorités pénitentiaires à Mpimba. Quand nous sommes arrêtés par la police nous exhibons un billet d’élargissement qu’on nous a donné le jour de notre libération mais ce document n’est pas accepté par la police qui continue à nous accuser d’être rebelles», nous explique un jeune de Musaga.

A côté de ceux qui ont encore peur, il y a d’autres qui se sont réintégrés facilement. Furaha est une mère de 4 enfants, elle avait été arrêtée le 08 mars 2013 à la permanence du parti MSD. Elle dit qu’elle a repris son activité commerciale, elle a un petit restaurant communément appelé « mama nitiliye » dans la zone Buyenzi. Ce mercredi nous l’avons trouvé entrain de préparer des capati et du thé pour ses clients. « Je me suis réintégrée facilement, je remercie ma famille et mes amis qui m’ont soutenue .Quant à la sécurité, c’est le bon Dieu qui me protège».

Parmi les jeunes relâchés, certains rencontrent des difficultés de postuler pour un travail ou se faire inscrire dans des universités car il y a des documents qu’ils ne peuvent pas avoir comme la photocopie de la carte d’identité et l’extrait du casier judiciaire. Ils demandent au gouvernement d’élaborer pour leur réintégration dans la société.


Publié le 15 / 03 / 2017 par

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