Burundi- Droit de l’homme : Le rapport mensuel de la ligue Iteka attire l’attention

Le bulletin mensuel de la ligue Iteka du mois de septembre sur la situation des droits de l’Homme publié dimanche 10 octobre 2016 met en exergue les violations majeures au Burundi. Ce 6ème rapport mensuel revient sur les faits de violations des droits de l’Homme parus dans les bulletins ITEKA N’IJAMBO du n°22 au 26, couvrant la période du 29 août au 02 Octobre 2016.
La ligue Iteka donne le bilan d’au moins 44 cas d’allégations de violations et de violations du droit à la vie, 41 cas de tortures, traitements cruels, inhumains ou dégradants, au moins 13 cas de disparitions forcées, au moins 28 cas de personnes blessées au cours des attaques armées,au moins 5 cas de violences basées sur le genre et au moins 518 personnes ont été victimes d’arrestations et détentions arbitraires.
Selon le bulletin, des militaires et policiers issus des anciens FAB continuent à faire objet de séquestration, d’arrestations arbitraires, de tortures et d’assassinats.
Le rapport revient sur le phénomène inquiétant des cadavres dans des rivières ou jetés dans différents endroits et qui sont enterrés à la sauvette par l’administration publique sans qu’aucune lumière n’est faite ni pour l’identification des victimes, ni pour en connaître les auteurs et les mobiles derrière ces crimes. Pour cette période, au moins12 cadavres ont été répertoriés par la ligue Iteka.
Le rapport présente des phénomènes récurrents : observés sont les suivants :
1) Identité des victimes :
Quatre catégories de victimes reviennent souvent : Les jeunes, les militaires et policiers ex-FAB, les membres des partis de l’opposition et les journalistes indépendants.
2) Les moyens utilisés :
Les violations et allégations de violations de droits de l’homme rapportées ont été commises avec des armes à feu dans un certain nombre de cas. Le phénomène de cadavres dont certains non identifiés est aussi relevé surtout dans des rivières et de manières générales ligotées .
Ils sont souvent enterrés sans aucune enquête pour les identifier.
3) Les lieux :
La plupart d’allégations et de violations des droits de l’homme touchent particulièrement les quartiers et communes contestataires du 3ème mandat du Président PierreNkurunziza principalement les quartiers urbains de la Mairie de Bujumbura à savoir Musaga,Mutakura, Gihosha ainsi que les provinces de Bujumbura rural, Cankuzo, Ngozi, Gitega,Rutana, Bujumbura rural, Bururi,Mwaro,Bubanza et Kirundo.
4) Les auteurs présumés :
Dans la plupart des cas, il s’agit des hommes armés en uniformes militaires ou policières, des agents du SNR, des policiers et des jeunes affiliés au parti CNDD-FDD au pouvoir les «Imbonerakure ».
Il évoque aussi le phénomène des attaques armées perpétrées sur des ménages qui emportent des vies humaines dans des endroits où la police et l’armée sont très actives. Le silence del’administration et de la police sur l’issue des enquêtes font planer le doute sur les auteurs.
Ce bulletin mensuel du mois de septembre 2016 dénonce les violations du droit à une justice équitable et fustige la dégradation de la sécurité alimentaire et sanitaire comme des conséquences directes de la crise politico-sécuritaire liée au troisième mandat du Président Pierre Nkurunziza.
Il aborde aussi la situation du droit à l’éducation à la veille de la rentrée scolaire qui a
commencé à la fin de ce mois de septembre 2016 avec d’énormes défis d’un nouveau système ECOFO « non bien pensé ».
Le rapport soutien l’idée de l’envoi des policiers et observateurs au Burundi.


Publié le 10 / 10 / 2016 par

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