Burundi : La FIDH demande l’envoi des casques bleus

Dans un entretien que le directeur Afrique de la fédération internationale des Droits de l’homme a accordé à l’AFP, Frorent Geel affirme que la situation est extrêmement grave au Burundi. Il réclame l’envoi d’une mission des nations unies constituée des casques bleus pour prévenir un dérapage extrême. Selon lui, le Burundi est plongé dans une crise politique profonde qui fait suite à la volonté du président Pierre NKURUNZIZA de se maintenir au pouvoir. Cette organisation internationale de défense des Droits de l’homme fait état de plus de 400 personnes déjà tuées et plus de 250 milles refugiés ayant fui le pays depuis le début de la contestation. Actuellement d’après le même responsable de la FIDH au niveau Afrique, le pouvoir de Bujumbura a mis en place une chaîne de commandement parallèle qui mobilise certains organes de la police et de l’armée pour mener une répression assez féroce surtout à Bujumbura et ses environs. La répression vise l’opposition, jeunes étudiants et ceux qui ont manifesté contre le 3ème mandat. Frorent Geel indique qu’il vient d’une mission au Burundi et a constaté que le pouvoir essaye d’ethniser le conflit et prépare des opérations de répression contre les Tutsi et les Hutu de l’opposition. Des témoignages recueillis dans les quartiers contestataires ont montré qu’il y a eu des ratissages massifs, executions sommaires pour des motifs politico-ethniques. Les quartiers fidèles à l’opposition comme Mutakura Cibitoke se sont vidés de ses habitants, les rues sont vides, magasins fermés. Les gens ont été tués ou ont fui sans parler des arrestations arbitraires et des détentions dans des lieux non officiels. Des observateurs des nations unies et des représentants du CICR qui font des visites dans les centres de détention officiels ont notifiés des cas de tortures, des personnes systématiquement battues. Le directeur de la FIDH en Afrique dénonce une séance appelée « PLUS LA CORRECTION PLUS » dont sont victimes les personnes arrêtées et une séparation entre les détenus Hutu et Tutsi. Après le 11 décembre, des gens ont commencé à être enterrés dans des fosses communes. Dans cet entretien, le directeur de la FIDH division Afrique précise que la politique générale de la répression du pouvoir de Bujumbura est de passer inaperçue des radars de la communauté internationale. Des groupes armés commettent eux aussi des exactions, assassinats, attaques à la grenade parfois sans discrimination.
Interrogé sur ce que doit faire la communauté internationale pour prévenir ce dérapage, Frorent Geel a indiqué que dans l’idéal, il faudrait une mission de l’ONU pour protéger les témoins et une résolution dans ce sens est en discussion au conseil de sécurité des nations unies. Il faut un minima de présence de forces de police des nations unies pour prévenir une répression à large échelle et une forme de nettoyage ethnique. De son côté, le porte parole du président Nkurunziza a réagit à cette demande de la FIDH qui réclame l’envoi des casques bleus au Burundi. Willy Nyamitwe a indiqué sur compte Twitter que cette organisation est en arrière par rapport à la situation au Burundi. Dernièrement, les chefs d’Etats africains ont refusé l’envoi de la mission africaine pour protection au Burundi, MAPROBU.


Publié le 1 / 04 / 2016 par

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