Burundi : SOS Torture se dit très inquiet de la recrudescence des violations des droits de l’homme

Le rapport de SOS-Torture qui couvre la période du 27 mai au 3 juin 2017 évoque l’assassinat d’au moins six personnes au cours de cette période dans différentes localités. Parmi les victimes figurent deux militants du parti d’opposition MSD (Mouvement pour la Solidarité et la démocratie) exécutés après quatre semaines de détention illégale dans une maison privée. Dans cette même période, SOS-Torture Burundi a pu répertorier dix personnes arrêtées, dont cinq dans la zone Gihosha par un officier du service national des renseignements « impliqué dans de nombreux crimes ».
En plus de ces arrestations, le rapport note la disparition forcée de deux jeunes hommes membres de la milice Imbonerakure de la zone Musaga. Selon SOS torture, ces disparitions viseraient à éliminer les acteurs et témoins gênants des crimes commis au cours de la crise. Cette ONG signale une recrudescence alarmante des entraînements paramilitaires de la milice Imbonerakure du parti au pouvoir CNDD FDD. SOS-Torture Burundi a recueilli des témoignages sur certains lieux de ces entraînements spécialement, dans les provinces Cibitoke et Makamba. « La finalité de ces entraînements est très inquiétante, et un risque des crimes de masse est bien réel si la communauté internationale n’intervienne pas en vertu du principe de la responsabilité à protéger », déplore SOS torture.
Ce même rapport indique que des membres de la milice Imbonerakure du parti CNDD FDD ont entonné des chants hostiles aux opposants du parti au pouvoir et à ceux qui refusent d’y adhérer le 27 mai 2017 dans la commune Ruhororo, province Ngozi (nord du pays) tout juste devant le site des déplacés de Ruhororo. Le site abrite les victimes de la crise de 1993, survenue après l’assassinat du Président Burundais Melchior Ndadaye. SOS-Torture Burundi tient à souligner que les sites des déplacés ont toujours été menacés de démantèlement par le parti au pouvoir (Bugendana et Mutaho de la province Gitega, Muruta en province Kayanza, Ruhororo en province Ngozi), qui les considèrent comme des témoins gênants des crimes commis à l’époque où le parti était encore un groupe rebelle. La particularité des sites des déplacés internes est qu’ils rassemblent aussi un grand nombre de victimes Tutsis.


Publié le 5 / 06 / 2017 par

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