Burundi : les organisations de la société civile déplorent une conduite « peu » rassurante de la médiation

Les délégués des 19 organisations de la société civile en exil ont été conviés à un briefing du 24 au 25 mai 2017 à Entebbe par le facilitateur dans la crise burundaise, Benjamin Mkapa et lui ont adressé une correspondance pour lui signifier leur position.

Ces organisations posent des conditions préalables pour qu’il y ait une véritable résolution pacifique de la crise burundaise. Elles exigent l’arrêt immédiat des violences et des discours de haine, suspension immédiate du processus de révision de la Constitution dans le contexte actuel de crise, arrêt de la révision du Code de procédures pénales, suspension de la loi sur les volontaires civils réservistes en temps de guerre ainsi que d’autres lois qui limitent la jouissance des libertés publiques.

Elles demandent aussi la suspension des activités de l’actuelle Commission Vérité et Réconciliation au Burundi, définition objective du conflit burundais et du contexte sécuritaire, identification objective de véritables protagonistes au conflit burundais et la levée immédiate des mandats d’arrêts internationaux émis depuis la crise de 2015 contre les responsables des organisations de la société civile : OLUCOME, APRODH, FORSC, FOCODE, Ligue Iteka, ACAT, OTRAG, MCA, STEB, SYGECO, Campagne contre la vie chère, MFFPS, MFPD, Women of Faith, Collectif des Femmes pour la Paix et la Démocratie au Burundi (CFPDB), Burundian Women for Peace and Developpement (BWPD), CPAJ, ABR, UBJ.

Ces organisations de la société civile ont profité de cette occasion pour exposer leurs avis et considérations sur les questions à l’ordre du jour du troisième round du dialogue. « La nécessité de protéger la population dans les meilleurs délais, vu que le pouvoir de Bujumbura n’est plus à même de la protéger. Les discours de haine véhiculés par les autorités burundaises et la milice Imbonerakure terrorisent la population et démontrent une situation qui peut dégénérer et aggraver la crise. La Communauté de l’Afrique de l’Est devrait conjuguer ses efforts avec l’UA et l’ONU pour que la résolution du Conseil de Paix et Sécurité de l’UA visant à déployer une force de protection, la Mission Africaine de Prévention et de Protection au Burundi (MAPROBU) soit réactivée le plus rapidement possible. Une fois adoptée, la MAPROBU pourrait notamment procéder au désarmement de la milice Imbonerakure et tout autre groupe armé afin de créer un climat propice au retour des réfugiés ainsi qu’à la mise en place des institutions politiques consensuelles », lit-on dans cette correspondance.

Pour ces organisations, il faut le déploiement de 228 policiers tel que décidé par le Conseil de sécurité de l’ONU et des observateurs des droits de l’homme de l’UA et du Haut Commissariat aux droits de l’homme.

Elles concluent cette correspondance en indiquant qu’il faut le rétablissement immédiat de la liberté de la presse et d’expression conformément à la constitution et à l’Accord de paix d’Arusha ainsi que l’arrestation et traduction en justice des commanditaires et exécutants de la destruction des médias, mais également la réhabilitation des infrastructures des médias détruits.


Publié le 26 / 05 / 2017 par

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