Elections locales sans enjeux majeurs au Rwanda

Plus de 6,5 millions de Rwandais ont voté ce lundi 8 février 2016 les élus locaux. Un comité de 5 personnes devrait être élu pour diriger chaque village communément appelé « Umudugudu ». Pas d’enjeux majeurs ni incidents car officiellement, les candidats ne sont d’aucun parti politique.

« je suis fière d’avoir élu mon chef du village. Je veux qu’il soit notre porte-parole et qu’il soit près de nous comme il l’a fait durant ces 5 dernières années ». C’est ainsi qu’a déclaré une sexagénaire qui chantait et dansait avec les autres après avoir élu leur chef de village dans le district de Nyarugenge à Kigali, la capitale Rwandaise.
C’est l’ambiance qui régnait presque dans tout le pays depuis 8h du matin.

Les Rwandais en âge de voter avaient rendez-vous ce lundi pour ce devoir civique.
Devraient être élu le chef de village ou de cellule et 4 collaborateurs qui sont : le charge de la sécurité, du développement, du suivi de bonnes conditions de vie et celui chargé de la formation patriotique. Ont-été aussi élu dans chaque cellule les comités des femmes et celui des jeunes.

Ces élections locales n’ont presque pas d’enjeux majeurs. La loi régissant les cellules stipule que les candidats ne doivent provenir d’aucun parti politique. Plutôt, ils sont choisis par la population locale qui doit reconnaitre en eux les compétences et aptitudes de résoudre leurs problèmes sociaux. Ils ont comme mission de veiller au strict respect des projet et programmes du gouvernement et surtout leur mise en application.

Dans la capitale, les doléances different de celles qui se presentent dans les campagnes. A kigali comme dans les petites villes des provinces, la population réclame plus l’électricité et de l’eau potable. Par contre dans les campagnes, la population attend de ces élus locaux qu’ils facilitent la mise en application de plusieurs projets du gouvernement comme la mutuelle de sante pour tous, la sécurité, le projet « une vache par famille » dit « Gir’inka », « akagoroba k’abavyeyi » qui est un programme de mères pour des conseils mutuels, le projet « zéro mort-né », « zéro décès de femmes enceintes avant accouchement » etc.

Toutes les doléances de la population doivent être orientées dans ce comite de dirigeant local qui les acheminent à qui de droit pour les résoudre.
C’est pourquoi il n’y a presque pas de gens qui fréquentent les bureaux des districts ou des provinces pour une éventuelle question.

Le premier ministre Murekezi Anastase a indique après avoir voté qu’il est satisfait du taux de participation. Pour lui ces élus locaux ont une mission lourde car ce sont eux qui sont tout le temps avec la population et qui doivent refléter la bonne image du gouvernement central. Si ces élus locaux ne remplissent pas convenablement cette tache de représentant du gouvernement central et de porte-parole de la population, les projets de développement n’auront pas de réussite, a-t-il indiqué.

Apres ces élections des chefs de cellules, suivront ensuite celles des 30 districts dits « Akerere ».

Ces élections interviennent juste deux mois après le referendum du 18 Décembre 2015. Lors de ces élections, les rwandais ont massivement soutenu à plus de 90 % la réforme constitutionnelle autorisant la prorogation des mandats du président Paul Kagame. Cette réforme votée a plus de 97 % prévoit que Paul Kagame pourra briguer à nouveau la présidence jusqu’en 2034. Il avait été élu président en 2003, puis réélu triomphalement en 2010.

La course à la montre pour les élections au Rwanda est critiquée de l’extérieur. Les États-Unis ont salué à maintes reprises l’action menée par Paul Kagame pour rebâtir le pays depuis le génocide, mais ils ont estimé récemment que le leader rwandais devait céder la place en 2017 à une nouvelle génération de dirigeants.


Publié le 8 / 02 / 2016 par

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