Le FIDA déplore la place très limitée accordée au changement climatique dans les médias

Une étude du FIDA révèle que les médias n’accordent pas une place importante aux questions des changements climatiques. Selon cette étude, la parole a rarement, voire jamais été accordée aux victimes du changement climatique.
Lire le communiqué du FIDA en bas :

Bien que l’impact du changement climatique constitue la principale menace pesant sur l’humanité, cette question ne fait pas la une de l’actualité, révèle une étude du FIDA
Rome, 6 avril 2016 – Malgré le fait que 60 millions de personnes dans le monde souffrent gravement de la faim à cause du cyclone El Niño et des millions d’autres à cause du changement climatique, les principaux médias européens et américains ne traitent pas cette question comme un sujet d’information prioritaire, nous révèle aujourd’hui un nouveau rapport de recherche financé par le Fonds international de développement agricole (FIDA).
"Il est impensable que le changement climatique ne fasse pas la une des journaux alors que, l’an passé, des records de température, 32 grandes sécheresses et des pertes historiques de récoltes ont été enregistrés", déclare le Président du FIDA, Kanayo F. Nwanze. "Le changement climatique est la principale menace qui pèse sur le monde d’aujourd’hui et la manière dont les médias traitent ce problème revêt une importance vitale si l’on veut anticiper les crises à venir."
Le rapport intitulé “The Untold Story: Climate change sinks below the headlines” (L’histoire méconnue: le changement climatique ne fait plus les gros titres) propose une analyse de l’ampleur de la couverture médiatique du changement climatique sur deux périodes distinctes: deux mois avant la 21e session de la Conférence des Parties (COP21) à la Convention-Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques qui s’est déroulée à Paris, et deux mois après. Il tente en particulier de voir si les liens entre changement climatique, sécurité alimentaire, agriculture et migration ont fait la une des journaux et, dans l’affirmative, quelle importance a été accordée à ces sujets.
Ci-après quelques-unes des principales conclusions du rapport:
• - Aussi bien avant qu’après la COP21, les principaux médias européens et américains ont totalement ignoré les sujets relatifs au changement climatique ou en ont publié moins.
• - Durant les mois qui ont suivi la COP21, la couverture des conséquences du changement climatique, comme la migration, a diminué de moitié et la parole a rarement, voire jamais, été donnée aux personnes directement touchées par le changement climatique.
• - Les consommateurs de l’information veulent que les médias accordent davantage d’importance aux problèmes liés au changement climatique et aux solutions qui y sont apportées, et ils souhaitent en particulier plus d’informations sur les liens entre changement climatique, insécurité alimentaire, conflits et migration.

Ce rapport a été publié quelques jours seulement avant que les dirigeants mondiaux ne se réunissent au siège des Nations Unies, à New York, pour la signature de l’Accord de Paris issu de la COP21. Au mois de décembre, l’accord a fait la une des journaux et des bulletins d’informations du monde entier, mais durant la période qui a précédé la COP21 et les mois qui ont suivi, la question du changement climatique a pratiquement disparu des radars des principaux médias européens et américains.
"La recherche montre que le consommateur de l’information moyen veut des récits utiles, qui illustrent des solutions possibles au problème du changement climatique, et c’est précisément ce qui manque dans les principaux médias", explique Sam Dubberley, ancien journaliste et directeur de Kishnish Media Ltd, et auteur du rapport.
S’appuyant sur la recherche initiale menée en septembre 2015 auprès de médias français et anglais, des enquêtes conduites auprès de groupes cibles sur ce que les lecteurs de l’information connaissent des problèmes d’alimentation et de migration provoqués par le changement climatique et ce qu’ils pensent de la couverture médiatique de ces questions viennent compléter le rapport. Ce dernier pose la question de savoir quels sont les experts qui se sont exprimés dans le cadre de ces récits et si les agriculteurs et les migrants eux-mêmes ont eu leur mot à dire.
Les conclusions de la recherche découlent d’une analyse du contenu de l’information diffusée par des médias populaires et influents comme TF1 et France 2 en France, la RAI et LA7 en Italie, la BBC et Channel 4 au Royaume-Uni et CBS et NBC aux États-Unis, ainsi que sur les unes des versions imprimées du Monde et de Libération en France, du Corriere della Sera et de La Repubblica en Italie, de The Guardian et du Daily Mail au Royaume-Uni ainsi que du New York Times et USA Today aux États-Unis.
En 2014, le FIDA a financé une recherche portant sur la façon dont 19 grands organismes d’information mondiaux et régionaux avaient traité les questions liées à la migration et, en particulier, la sécurité alimentaire et l’agriculture, et leurs répercussions en termes de migration. Cette recherche portait essentiellement sur deux titres qui avaient fait la une de l’actualité durant l’été 2014, à savoir la crise frontalière entre les États-Unis et le Mexique et le conflit en cours dans le Soudan du Sud, qui ont provoqué un accroissement du nombre de migrants. Ce rapport concluait également que ces thèmes n’étaient pas couverts de manière approfondie, et en particulier que les articles ne donnaient que rarement aux migrants la possibilité de se faire entendre.

Communiqué de presse N°: FIDA/18/2016
Le FIDA investit dans les populations rurales, en les autonomisant afin de réduire la pauvreté, d’accroître la sécurité alimentaire, d’améliorer la nutrition et de renforcer leur résilience. Depuis 1978, nous avons octroyé plus de 17,6 milliards d’USD sous la forme de dons et de prêts à faible taux d’intérêt en faveur de projets qui ont touché environ 459 millions de personnes. Le FIDA est une institution financière internationale et un organisme spécialisé des Nations Unies dont le siège est à Rome – le centre névralgique des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture.


Publié le 8 / 04 / 2016 par

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