Le Service National de Renseignement Burundais et la police Nationale accusés de maltraiter les manifestants, selon les experts de l’UA

La Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) vient de publier le rapport de sa délégation sur sa mission, du 7 au 13 décembre 2015, d’établissement des faits au Burundi. Un rapport qui épingle dans la plus grande mesure les forces gouvernementales mais aussi les manifestants.

«La Commission africaine estime que l’annonce fait par le parti au pouvoir de la candidature du président à un autre mandat à l’élection présidentielle, en l’absence de consensus politique sur la constitutionnalité de sa candidature, a été le déclencheur de la crise actuelle.» Peut-on lire dans le rapport de la CADHP, sorti ce jeudi le 19 mai 2016.

Selon la Commission, cette candidature a mis le feu aux griefs largement ressentis par la jeunesse urbaine et provoquant la crise actuelle. «Outre le passé de violence et d’impunité, les facteurs majeurs de la crise sont le chômage des jeunes, la domination réelle ou perçue du parti au pouvoir sur les institutions de l’État et le sentiment qui en découle de marginalisation d’autres acteurs politiques, la montée de la corruption et le manque de services sociaux ou leur médiocrité.»

Des exactions commises des deux côtes

La Commission africaine établit que les deux côtés du conflit sont responsables de différentes violations des droits de l’homme et autres exactions. «Ce sont néanmoins les forces de sécurité du gouvernement qui portent la responsabilité de la plus grande partie des violations et autres exactions.» D’après la commission, non seulement ces violations ont été perpétrées à maintes reprises mais, avec le temps, elles sont devenues parties intégrantes de la réponse des forces de sécurité à la violence des expressions de l’opposition au gouvernement.

La Commission trouve que le fait que les manifestants et les jeunes hommes, partisans réels ou perçus de l’opposition, soient parmi les principales victimes des violations de l’homme n’est pas totalement surprenant. «Cela parce que ce groupe de la population est en première ligne des manifestations contre la candidature du président à un troisième mandat.» Ce rapport pointe du doigt le Service national des renseignements (SNR), la Police nationale du Burundi (PNB) et, dans une moindre mesure, l’armée. « Ils sont , pour leur part, mentionnés dans des cas de torture et de traitements cruels, inhumains et dégradants et dans des cas de détentions arbitraires et d’enlèvements. Le rôle de l’armée dans la perpétration de violations a été très limité. Il s’est essentiellement limité au moment du coup d’État.» Deux unités de la PNB, la Police chargée de la protection des institutions (API) et la Police judiciaire, poursuit la Commission, ont été identifiées comme étant les plus actives dans la perpétration de violations.


Publié le 20 / 05 / 2016 par

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