Reprise du dialogue inter-burundais à Arusha:Le gouvernement satisfait du dialogue et l’opposition choquée

Le rendez-vous était bien attendu. Le gouvernement se dit satisfait à la première journée des pourparlers alors que l’opposition se dit choquée par une intention de vouloir les ‘’diviser’’. La coalisation CNARED n’est pas invitée mais certaines de ces composantes ont répondu présentes.

La séance d’ouverture a été présidée par le facilitateur dans la crise burundaise William Benjamin Mkapa ancien président de la Tanzanie, pays organisateur de ce diadoque. Participent à cette rencontre la délégation gouvernementale conduite par le ministre des relations extérieurs M. Alain Aimé Nyamitwe, les partis politiques qui sont dans le gouvernement notamment le parti au pouvoir, la coalition Amizero y’abarundi représentée par Honorable Agathon Rwasa 1er vice président de l’assemblée nationale, l’Uprona avec Mme Concilie Nibigira, la coalition COPA avec Jean de Dieu Mutabazi, le Frodebu représenté par la secrétaire générale et le Fnl représenté par son président Jacques Bigirimana.

Coté société civile, sont présentes OLUCOME, ONELOP, Ligue Izere ainsi que Anchaire Nikoyagize de la ligue Iteka. Les confestions religieuse et la CFCIB sont aussi représentées et les ligues des femmes en exil. Etaient aussi présente la commission nationale de dialogue burundais et l’ancien chef d’etat Honorable Domitien Ndayizeye. Les organisations internationales comme UE, UA, EAC,ONU ainsi que les ambassadeurs et envoyés spéciaux des pays comme la Hollande, la France, les USA et d’autres n’ont pas manqué à ce rendez-vous.

Dans son mot d’ouverture, Benjamin Mkapa ne passe pas par à cote. Selon lui « le gouvernement et l’opposition doivent trouver une solution durable à la crise burundais » et « mettre de cote leurs intérêts ». Il a souligné que ce sont « les burundais eux-mêmes qui doivent arrêter les massacres, les assassinats cibles, les disparations forcées, les emprisonnements arbitraires et le mouvement de fuite de la population ».

L’UA, les USA et l’ONU s’engagent à financer ce dialogue pourvu qu’il soit « fructueux et porteur de paix durable ». L’UA insiste sur l’arrêt immédiat des assassinats.

Selon léonard Nyangoma participant non au nom du CNARED mais plutôt de son parti CNDD, cette réunion est à l’issue incertaine, car elle est boycottée par l’opposition radicale. La plateforme de l’opposition, le CNARED - le Conseil national pour la restauration des accords d’Arusha et de l’Etat de droit -, a décidé de boycotter la rencontre tant qu’elle n’est pas invitée. Selon Nyangoma, le facilitateur du dialogue a convié les partis politique membres et les personnalités du CNARED. Une seule de ces personnalités qu’est Nyangoma a répondu à l’invitation. Son message rencontre pourtant celui du CNARED selon lui. Il s’agit de « cesser les hostilités, arrêter les assassinats, ouverture des medias détruits,……………. assainissement de climat politique pour favoriser le retour des exiles politiques et de plus de 270 mille refugies".

Pour les partis proches du pouvoir, comme la coalition COPA, la résolution du conflit est la priorité dans ce dialogue ; l‘étape vers la consolidation du dialogue a déjà été franchie. Des pourparlers engagés à l‘échelle nationale ont commencé à porter leurs fruits. ‘’ Ce que nous allons faire, c’est de montrer l‘étape déjà franchie a l’intérieur du pays, montrer que même si les négociations d’Arusha n’avaient pas encore commencées, que nous n‘étions pas restés les bras croisé »
Le gouvernement participe et s’en réjouit.

Selon Alain Aime Nyamitwe, le ministre des relations extérieures, cette rencontre s’inscrit dans la suite logique du dialogue inter-burundais qui se déroule à l’intérieur du pays.

Cependant, il n’est pas question de discuter avec le CNARED, que le pouvoir a toujours lié au mouvement insurrectionnel, au jet de grenades à Bujumbura, à l’assassinat des hauts gradés de l’armée et de la police et à la tentative de coup d’Etat de mai 2015. Plutôt il faut arrêter et sanctionner les auteurs de ces crimes.
Scepticisme chez la société civile

Anchaire Nikoyagize, président de la ligue Iteka trouve que cette session est un rendez- vous de « trop ». Pas de résultats palpables attendus car certaines acteurs clés de la crise ne sont pas invités. Il parle des ligues des jeunes affilies aux différents partis politiques et des délégués des groupes rebelles qui se sont déjà déclarés. Le ministre des relations extérieurs de répondre. « Je sortirai par la grande porte si jamais les rebelles entrent dans la salle du dialogue ».

Le dialogue inter-burundais d’Arusha va-t-il porter ses fruits ?

La médiation a dans un premier temps rencontré séparément les protagonistes conviés à cette rencontre d’Arusha. Les premiers dans l’après midi sont les représentants du gouvernement qui sont sortis « satisfaits » selon cette délégation. Ont suivi séparément les partis qui ont participé aux élections et ceux qui les ont boycotté. Ces délégations ne sont pas exprimées. Suivront ensuite selon le calendrier la société civile, les confessions religieuses et la communauté internationale, représentée par l’ONU, l’Union africaine et la communauté de l’Afrique de l’Est.

Selon le communique rendu public par le CNARED pendant que se déroule ce diadoque, « La façon dont ce round de négociation ou de dialogue inter-burundais est organisé laisse entrevoir une certaine manipulation du médiateur » Ce qui pourrait « décrédibiliser la médiation » et « conduire à un échec probable ».

La facilitation avait annoncé la tenue de cette session au début du mois, mais la séance avait été reportée. Selon la médiation, des rigoureuses décisions doivent sortir de ce dialogue tenu du 21 au 24 Mai.


Publié le 21 / 05 / 2016 par

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