Les jeunes Imbonerakure du parti au pouvoir se substituent à la police dans le contrôle routier à Kirundo

Des barrières sont érigées par les imbonerakure, les jeunes du parti au pouvoir dans la province de Kirundo au nord du Burundi. A une dizaine de kilomètres vers la frontière commune Burundo-Rwandaise, deux barrières gardées par des jeunes en tenue civile sont remarquables dans cette province.

Tout véhicule doit s’arrêter devant ces barrières. Les jeunes qui gardent ces barrières procèdent à la vérification des gens se trouvant dans les véhicules qui se rendent à la frontière ou qui quittent le Rwanda, le pays voisin. Les jeunes se partagent les véhicules pour que tout le monde fasse le travail de contrôle.

Un des passagers leur a demandé ce qu’ils veulent, un de ces jeunes de répondre « nous voulons vérifier si vous avez tous des identités et les armes qui seraient dans vos véhicules ». Curieusement, ces barrières sont distantes de deux kilomètres et tous ces jeunes font le même travail, regardé dans les véhicules pour demander de la carte d’identité.
Cette opération menée par les civils s’effectue au moment où vers la sortie de la province de Kirundo et à quelques mètres de la frontière se trouvent des positions de la police dont la mission est la même que celle des Imbonerakure.

Comme on l’a constaté lors de cette fouille des jeunes civils, ils font semblant de faire le contrôle mais ils demandent aux passagers s’il n’y a pas quelqu’un qui aurait une petite somme pour s’acheter une bière. « Je trouve que vous êtes des hommes riches, aujourd’hui je vais aller boire un verre avec les autres, une fois que vous me donniez un peu d’argent » a lâché ces mots un des jeunes qui faisaient le contrôle d’un véhicule.
Selon des passagers qui empruntent la route Kirundo-Gasenyi Nemba ; cette pratique s’est généralisée dans la province de Kirundo. Certains voyageurs auraient même abandonné de passer par Kirundo craignant cette fouille des jeunes. Une somme de 2000 francs ou 1000 francs est souvent donnée aux jeunes afin de partir tranquillement.

La pratique est devenue quotidienne et se fait au grand dame de l’administration de Kirundo qui trouve cela normal. «C’est anormal que des civils fassent le travail de la police alors que des agents de la sécurité sont présents, les responsables de la police devraient venir les chasser de ces positions », se révolte un des passagers. Depuis quelques jours, certains jeunes du parti au pouvoir sont souvent cités dans plusieurs rapports d’auteurs de violations des droits de l’homme au Burundi. Ces jeunes sont souvent aussi pointés du doigt pour travailler avec la police et l’armée pour traquer les opposants politiques.


Publié le 19 / 12 / 2016 par

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