Les méthodes contraceptives modernes : une pratique qui divise

Le gouvernement du Burundi connaît depuis 2010, une croissance démographique très inquiétante. Le pays s’attèle depuis lors à des campagnes de sensibilisation de la population sur l’utilisation des méthodes contraceptives modernes pour limiter ou espacer les naissances.

Selon le ministère de la santé publique, l’indice de fécondité est de 6,4 enfants par femme soit entre 450 et 500 mille naissances chaque année. Au niveau national, le taux de prévalence contraceptive actuelle est de moins de 30%. Ce taux est jugé très bas par le ministère ayant la santé publique dans ses attributions.
Le poids de la culture, les croyances religieuses et les rumeurs expliquent ce faible taux de prévalence contraceptive, selon certains employés de l’association pour le bien être familial ABUBEF.

Mugisha Arielle, mère de 6 enfants habite dans la commune urbaine de Buterere, indique : «J’aurais voulu avoir 3 enfants. Mon mari a refusé que j’utilise des méthodes contraceptives modernes,car il estime que les enfants constituent la première richesse». Cette femme est cependant, consciente qu’il leur est très difficile de subvenir aux besoins de leurs 6 enfants.

Niyongabire Césarie, mère de 4 enfants, une fervente de l’église pentecôte de Bujumbura affirme que « la plupart des femmes de mon église n’osent pas utiliser ces méthodes contraceptives par crainte d’être stigmatisées par leurs sœurs et frères d’église, ces derniers disent que l’utilisation de ces méthodes est un péché grave».

L’église leur enseigne l’abstinence, mais face aux insistances des maris, elles finissent par céder et tomber enceintes, explique-t-elle.
L’église catholique n’y va pas par quatre chemins, il est hors de question d’utiliser les méthodes contraceptives modernes. Mais les autorités catholiques sont conscientes du danger de la démographie galopante au Burundi. Elles affirment cependant que les contraceptifs ne respectent pas « la dignité humaine ». Cette église conseille à leurs fidèles de recourir aux méthodes naturelles pour limiter et espacer les naissances.

Un pasteur à la tête de plus d’une dizaine d’églises protestantes au Burundi qui a requis l’anonymat nous a confié que l’utilisation des contraceptifs n’est pas un péché et il n’a pas peur de le dire à ses fidèles. Ce pasteur précise que ceux qui disent que l’utilisation des méthodes contraceptives constituent un péché interprète mal la bible.

Outre les croyances religieuses, l’utilisation des contraceptifs se heurte aux diverses informations sur les effets inattendus allant jusqu’aux maladies mortelles.


Publié le 21 / 03 / 2017 par

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