Lycée Bubanza, une école politisée

Les portes étaient cadenassées, les élèves internes du lycée Bubanza n’ont pas pu entrer en classe pour réviser et suivre les cours. Quelqu’un a pu se procurer des cadenas et sceller toutes les portes, la nuit.
Le directeur de ce lycée public a fait appel à la police pour forcer les portes.

Vers 6h00, un groupe d’élèves a quitté les enceintes de l’école, certains les branches à la main, en pas de cadencé dans les quartiers de Gisovu. Ce sont les policiers qui les ont fait revenir à l’école. Alors qu’un autre groupe d’élèves suivait normalement les cours, vers 9 heures, c’est le chaos, difficile à contrôler. Les activités s’arrêtent. Trois élèves en crise sont réanimés au secrétariat, ce sont des hypertendus et des asthmatiques.

Qu’est ce qui derrière cette crise?

Des élèves contactés disent que l’école est fortement politisée. Les représentants sont choisis parmi les «imbonerakure», jeunes du parti au pouvoir. Des élèves se rangent derrière les partis politiques, au pouvoir ou à l’opposition et cela s’est fait remarquer lors de cette grève, affirme un élève contacté. Il regrette que cela affecte leur scolarité d’autant plus que les éducateurs de ce lycée sont catégorisés selon les professeurs interrogés. «Les membres du CNDD-FDD, veulent transformer ce lycée en permanence du part. Regardez même le drapeau de ce parti à l’entrée, les élèves sont punis ou pas selon leur appartenance politique!», déplorent certains enseignants. Ceux qui connaissent cette école ne s’empêchent de dire que la formation humaine et patriotique est entamée.

Une goutte qui a fait déborder le vase

C’était le premier mars, lors d’une réunion du conseil de discipline sur un cas spécial du représentant des élèves Ntakirutimana Révérien accusé de coups et blessures volontaires graves contre un autre élève est renvoyé. Cette mesure disciplinaire prévue par le règlement scolaire en usage dans les établissements scolaires divise les membres de ce conseil. Certains membres de corps ne veulent pas que le règlement s’applique exceptionnellement pour cet élève, d’autres plaident pour son application stricte, se référant sur d’autres cas tranchés.
Ce cas illustre bien le mal qui gangrène cette école, cet élève est un « imbonerakure» selon des élèves contactés qui avaient pris l’option de soutenir son retour à travers la grève. Ils redoutent que la suite des événements risque de diviser encore d’avantage cette communauté où des tensions ethniques ne sont pas à négliger.

Des réunions de crise sont organisées au plus haut sommet de cette province. L’administration, les responsables de sécurité, la direction scolaire au niveau provincial ont rencontré successivement les élèves et puis le personnel. Espérons que des solutions qui avantagent les concernés vont être prises pour dépolitiser cette pépinière de connaissances naguère réputée comme telle.


Publié le 6 / 03 / 2017 par

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